11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 18:11

A Mossoul, une partie des trésors archéologiques qui étaient exposés au musée de cette ville a été détruite par des islamistes peu cultivés. C’est signé par un groupe d’islamistes s’interdisant toute autre conception du monde que la leur. Les œuvres du passé intéressent pourtant officiellement tout le monde ! Ce sont les traces culturelles de la pensée des générations dont nous sommes les héritiers culturels. Ni au nom de sa foi, ni à cause de ses idées, un être vivant ne peut s’octroyer le droit de détruire un patrimoine culturel antique qui intéresse l’humanité entière. Qui juge ces œuvres, même s’il les jugent perverses, les juge selon sa seule culture et souvent selon ses étroites connaissances.

Il est souvent inconscient d’être limité par sa référence unique, donc parcellaire et insuffisante. Tout ce qui n’émane pas en direct de sa propre culture lui semble alors mauvais, dangereux, voire même tout bonnement sans intérêt. Chacun, s’il a le droit d’exprimer son désaccord, se doit de respecter les œuvres exposées dans un musée, mêmes si elles le heurtent. Personne ne peut éliminer un élément conservé du passé même si ce qu’il voit lui déplait. Seule l’ouverture culturelle pourrait lui permettre de faire évoluer son comportement et son jugement. Le respect des autres cultures que la nôtre est le fruit de notre conception de nos différences. Sans être éduqué à ce respect de nos différences culturelles, tout homme peut rester insensible et même détruire une œuvre d’art sans même s’en rendre compte !

Dans ma vie, j’ai eu la chance de voyager et de vivre une quinzaine d’années en Afrique. J’ai enseigné le français en Algérie, en Côte d’Ivoire, puis au Maroc. De riches années de vie au sein de diverses cultures, dans des religions et croyances bien différentes, dans des cultures très variées. Ce fut de riches expériences, car c’est moi qui étais alors l’étranger, dans des langues, dans des cultures différentes de la mienne. Il n’est jamais évident de vivre là où l’on est l’étranger ! Cette situation entraine à faire constamment attention à la manière de se comporter, de s’habiller, de parler, de se nourrir… Il n’est alors jamais facile de poser une question à un inconnu, sans prendre le risque de choquer son interlocuteur. Dans un contexte qu’on ignore, il convient d’être très prudent, de rester toujours vigilant pour ne pas heurter imprudemment les autochtones. La conversation avance lentement, mais c’est la seule manière de progresser sans risque de heurter ses partenaires locaux.

C’est une expérience profonde et très riche que de vivre respectueusement nos différences, sans heurts, mais en tentant toujours de s’expliquer sur ce qui ne manquerait pas de choquer

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