7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 00:01

Personnages, groupes sociaux, tribus du peuple d'Israël, tous descendants d'Abraham et de Sarah par leur fils Isaac, ont en commun d'avoir jalonné plus de 40 siècles jusqu'à Jésus-Christ, 60 jusqu'à nous !

Durant ces temps, leur histoire est celle des constantes coexistences entre l'humanité terrestre, toujours prête à oublier ou à transgresser l'alliance abrahamique, scellée pourtant dans la pierre reçue par Moïse au sommet du Sinaï...

Le peuple juif antique n'est-il pas - pour l'humanité - le symbole des peuples en quête de l'Absolu divin ? Jésus-Christ, le Nazaréen, fut une réponse éblouissante à ce besoin. Mais l'unité de la Chrétienté se brisa et s'opposèrent alors Orthodoxes et Romains. Une autre proposition se fit jour au VII° siècle avec un homme d'exception : Mohammed. Au contact de Juifs et de Chrétiens, il aurait reçu de Dieu, par l'intermédiaire de l'Ange Gabriel, la révélation du Koran, voie de soumission à l'attente du Dieu d'Abraham. Plus tard, il y eut une nouvelle déchirure dans l’Église avec la sécession protestante. Mais chacun de ces nouveaux groupes pense être le plus fidèle au Dieu Unique !

Malgré le poids de l'histoire, en dépit de l'évolution des cultures et de l'avènement des temps modernes, aujourd'hui encore des hommes - certes de moins en moins nombreux - demeurent en quête de ce même absolu de Dieu. Les interrogations métaphysiques demeurent. Et certainement demeureront longtemps. Les figures de l'Ancien Testament demeurent les pionniers incontournables du monothéisme et les inspirateurs des générations d'artistes ! (1)

L'été prochain, une exposition (entrée gratuite) présentera l'ensemble de ces personnages de l'Ancien Testament. De nombreuses photos illustreront chaque texte. Cette manifestation culturelle accueille, gratuitement,dans le cadre de l'exquise Chapelle d'ECOLE (25480), chaque dimanche après-midi de Juillet et jusqu'au 15 août inclus.

Une suite verra peut-être le jour sur ce blog avec les figures du Nouveau Testament… Si Dieu le veut !

Jean Bisson – 07 02 2012

1- J'ajouterai à cette conclusion, sur la plaquette de l'exposition, les remarques sur les trois niveaux de la filiation, brève publiée le dimanche 22 janvier dernier.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 00:01

Baptistes, à l'époque de Jésus, est le terme désignant les disciples qui suivent l'enseignement de Jean le Baptiste, fils de Joachim et d’Élisabeth, cousin de Jésus et son aîné de quelques mois. Peu nombreux mais militants, certains suivront Jésus, d'autres resteront aux côtés de Jean. Simon (1) et André, les deux premiers disciples appelés par Jésus appartenaient aux Baptistes. (2)

Gentils : c'est la dénomination utilisée par les Juifs contemporains de Jésus, du temps de l'occupation romaine, pour désigner tous les «non juifs». Qui n'était pas né de mère juive était un «gentil», ce qui signifiait «hors du peuple élu de Dieu». La loi juive, très stricte, leur interdisait de «souiller» leur race en se mariant à des «étrangers». Un juif n'acceptait pas de manger à la table d'un païen puisque les principes alimentaires prescrits par la loi n'étaient pas respectés (aliments «cachère», viande saignée et exalinée selon le rituel religieux).

Étrangers étaient donc tous les peuples qui ne descendaient pas de la souche unique d'Isaac, fils d'Abraham et de Sarah. Les autres peuples sémites n'étaient pas mieux acceptés que les Romains ou les Grecs et leurs multiples divinités les condamnaient !

Ce sera donc une nouveauté stupéfiante que l'idée d'un Dieu qui puisse se servir du peuple juif, du peuple de l'Alliance, pour devenir le peuple que Dieu choisit pour apporter Sa Lumière au monde des "gentils" ! (en Luc, 2)

Jean Bisson - 31 01 2012

1- C'est Simon que Jésus, dès son premier appel, renommera « Pierre », et qui, désigné ensuite par Jésus, deviendra le premier Chef de l’Église.

2- Le nom de "Baptistes" a été repris - dès le 17°siècle - par une branche protestante qui ne pratique, comme Jean-Baptiste, que le baptême d'adultes par immersion. Le baptême est pour eux la conclusion d'un cheminement et de la libre et consciente proclamation du "credo".

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 00:01

Les Zélotes : ce terme désignent un courant judaïque qui s'enracine dans la haute tradition : Phineas, dont le nom est cité dans "Les Nombres", fils d'Aaron, a tué un Prince de sa tribu pour le punir d'une luxure notoire. Selon ce fils de prêtre, la conduite du prince offensait Dieu. Dès lors, le fils d'Aaron passa au yeux de certains comme un héros, bien que son comportement contredise le commandement donné par Dieu à Moïse "tu ne tueras point". Ce groupe d’extrémistes, marque le début d'un principe qui légitime la référence religieuse comme moteur du jugement humain jusqu'à aller au-delà de l’interdiction divine. Les Zélotes (dont la même racine nous a donné "zèle") constituent donc le prototype des activistes qui règlent les problèmes par la force et le meurtre. (1)

 Les Esséniens ne sont pas nommés dans l'Ancien Testament. Pourtant, c'est un groupe de religieux juifs qui existaient, durant le premier siècle avant J.C. On en a aujourd'hui des preuves historiques. De petites communautés esséniennes ont existé, du pays de Judas jusqu'aux confins de Syrie. Des textes de Philon d'Alexandrie, savant juif hellénisé du 1er siècle av. J.-C., de l'historien romain Pline l'Ancien et de l'historien juif Flavius Josèphe signalent ces communautés marginales et fermées. On n'y entrait qu'après une "initiation" qui durait 3 ans et en acceptant des normes comme celle de la communauté des biens. Leur vie communautaire, spartiate, vertueuse, tournée vers la prière, et coupée du monde en fait les précurseurs du monachisme. Certains suggèrent que ce courant aurait pu influencer Zacharie et Élisabeth, les parents de St Jean-Baptiste, voire Marie et son fils Jésus. (2)

Jean Bisson – 24 01 2012

1- Selon Flavines Josèphe ( dans "Antiquités Judaïques" XVIII, 2), les zélotes sont des fanatiques qui sont à l'origine de la première guerre judéo-romaine. Les Romains nommaient ces adversaires les "sicaires" en raison de leur poignard nommé "lascica".

Certains commentateurs pensent que le surnom d' Iscariote donné à Judas dans les Évangiles, viendrait de ce poignard qu'il portait, lui ou l'un de ses ascendants...

Selon le Dictionnaire historique de la langue française d'Alain Rey, le terme zélote, au féminin, désigne une personne animée d'un zèle religieux fanatique,et plus généralement quelqu'un qui pousse le zèle jusqu'à l'aveuglement criminel.

2- Ce qui est certain c'est que ces communautés esséniennes existaient bel et bien à l'époque dee parents de Jésus. Les découvertes archéologiques faites à Qumran dans les années 1950 témoignent de la réalité de l'existence du courant essénien. 

 


 


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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 00:01

Les Publicains constituent un petit groupe se caractérisant par une aisance matérielle certaine, mais généralement sans ostentation. Ce sont des "fonctionnaires" chargés de récolter les impôts pour l'occupant romain. Ils utilisent le régime de l'affermage : ils achètent forfaitairement le droit de lever les impôts qu'ils encaissent ensuite à leur profit. C'est dire qu'ils sont assez mal considérés par les autres membres d'Israël... De plus, leur service envers Rome et ses idoles les fait considérer comme susceptibles d'infidélités au Dieu d'Abraham ! Les Publicains sont souvent traités d'apostats, de collaborateurs, de voleurs... Ils sont, pour leurs compatriotes, des brebis galeuses, des pécheurs publics. On comprend pourquoi Jésus scandalisera profondément la foule des bien-pensant, le monde des Sadducéens et des Lévites, lorsqu'il acceptera l'invitation d'un Publicain !

Les Judéens constituent le courant des anciens du pays de Juda (Jérusalem)  qui, après le retour d'exil à Babylone, ont eu la possibilité de rentrer sur leurs anciennes terres autour de Jérusalem. D'un côté les Samaritains ont établi leur Temple sur le Mont Garizim et sont restés oupés de Jérusalem. Les Judéens revendiquent d'être les seuls héritiers légitimes et fidèles de la tradition Abrahamique.

Les Galiléens, habitants du pays du Nord, entre Méditerranée et Lac de Génazareth, restés liés au rooyaume de Judas, auraient du être considérés comme des Judéens, mais leur éloignement de Jérusalem les a quelque peu marginalisés. Majoritairement ils vivent de la pêche et ils ont leurs propres coutumes, sans doute un accent qui les diffèrent des Judéens de Jérusalem qui les considèrent donc comme des "provinciaux"...

Malgré la division et l'hostilité qui séparent Samaritains et Judéens, malgré les nuances et habitudes qui distinguent Judéens et Galiléens, ces trois bassins humains parlent une seule et même langue : le Judéo-araméen, une langue née à l'époque des empires babylonien et perse. L'hébreu reste cependant la langue liturgique officielle, malgré, semble-t-il, quelques utilisations religieuses du Judéo-araméen. Jésus, à Nazareth, parlait sans doute l'hébreu pour prier et naturellement le Judéo-araméen dans la vie courante.

Nazaréens (ou Nazôréens, traduction littérale de l'hébreu) est l'appellation qui, dans les textes de l'époque de Jésus et postérieurement, sera utilisée pour désigner les disciples de "Jésus le Nazaréen". Ceux qui, après la Pentecôte, sont devenus, les Chrétiens. En arabe, "Chrétiens" deviendra "Nasrani" à l'époque du Prophète Mohammed. L'étiquette de "Nazaréen" pourrait être considéré comme péjorative si on la rapproche de l'expression "Que pourrait-il sortir de bien du pays de Nazareth ?"

Jean Bisson – 17 01 2012

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 00:01

Les scribes, ce sont, à l'image de chez les Égyptiens, ceux qui savent écrire et en font profession. Ils sont rares, donc recherchés et, généralement bien rémunérés. Ils occupent une place sociale enviée et ils profitent largement de leur situation. Comme les Pharisiens dont j'ai déjà parlé la semaine dernière, les Scribes sont des laïcs. Ce qui rapprochent Scribes et Pharisiens, c'est qu'ils rassemblent contre eux tous les autres Juifs !

Matthieu rapporte dans une longue page les griefs que leurs contemporains et Jésus reprochaient aux Scribes et aux Pharisiens. Sa grande véhémence rend cette page particulièrement savoureuse. Jésus est sans conteste, l'initiateur et le Maître de tous les indignés de notre époque, et Matthieu en est le Scribe béni !

Jean Bisson – 03 01 2012

En Matthieu 23, 2 -39

Alors Jésus, parlant à la foule et à ses disciples, dit: Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas.

Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt. Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi.

Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n'appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs; car un seul est votre Directeur, le Christ.

Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé.

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer.

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l'apparence de longues prières; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement.

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte; et, quand il l'est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous.

Malheur à vous, conducteurs aveugles! qui dites: Si quelqu'un jure par le temple, ce n'est rien; mais, si quelqu'un jure par l'or du temple, il est engagé. Insensés et aveugles! lequel est le plus grand, l'or, ou le temple qui sanctifie l'or?

Si quelqu'un, dites-vous encore, jure par l'autel, ce n'est rien; mais, si quelqu'un jure par l'offrande qui est sur l'autel, il est engagé. Aveugles! lequel est le plus grand, l'offrande, ou l'autel qui sanctifie l'offrande?

Celui qui jure par l'autel jure par l'autel et par tout ce qui est dessus; celui qui jure par le temple jure par le temple et par celui qui l'habite; et celui qui jure par le ciel jure par le trône de Dieu et par celui qui y est assis.

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité: c'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. Conducteurs aveugles qui arrêtez au filtre le moucheron, et qui avalez le chameau !

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu'au dedans ils sont pleins de rapine et d'intempérance. Pharisien aveugle! nettoie premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin que l'extérieur aussi devienne net.

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés.

Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité.

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites: Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes.

Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Comblez donc la mesure de vos pères. Serpents, race de vipères! comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne?

C'est pourquoi, voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville, afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l'autel. Je vous le dis en vérité, tout cela retombera sur cette génération.

Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu!

Voici, votre maison vous sera laissée déserte; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 00:01

"Pharisiens",  terme sémite signifiant "séparés", désignait des laïcs très dévots, préoccupés par le respect scrupuleux de la loi de Moïse. Cette élite  se tenait ostensiblement à l'écart de tout ce qui aurait pu souiller la "pureté" de son comportement religieux. Les Pharisiens fuyaient donc les païens, les idolâtres et c'est ainsi qu'ils ne fréquentaient ni les peuples sémites voisins, ni les Romains, ni les Grecs !

Pour autant, c'était une classe très respectée par le petit peuple des pauvres et sur laquelle pouvait compter le Temple dont elle assurait, par ses impôts scrupuleusement versés, l'essentiel des revenus.

Si Jésus dénonça le manque de sincérité de certains d'entre eux, ce n'est sans doute pas pour condamner l'ensemble de cette catégorie, mais pour signaler que l’hypocrisie peut aussi exister chez ceux qui se croient meilleurs que les autres ! (J'y reviendrai la semaine prochaine...)

Les "Samaritains" habitaient à l'origine les terres de Samarie, situées entre la Galilée (au Nord) et le Pays de Juda (au Sud). Pourquoi les Juifs de Galilée qui se rendaient à Jérusalem, en terre de Juda, préféraient-ils traverser le Jourdain et voyager en terres étrangères plutôt que de parcourir la Samarie? Au 1er millénaire avant J.C., les Samaritains étaient considérés comme des maudits. En effet, ils étaient majoritairement issus de mariages mixtes, de juifs ayant épousé des femmes étrangères. Les juifs de "sang pur" (du Royaume de Juda et de Galilée) ne pouvaient admettre cette situation et avaient donc mis ces gens aux bans de la société juive. Ainsi les Samaritains ne pouvant plus accéder au Temple de Jérusalem, avaient-ils construit leur propre Temple sur le Mont Garizim.

Lorsque Jésus demanda à boire à une Samaritaine, on peut comprendre le scandale qu'il provoqua au sein même de ses disciples et de ceux qui le suivaient !

Aujourd'hui, les Samaritains, issus des anciens habitants de la Samarie, constituent une catégorie tout à fait exceptionnelle de Juifs, les moins nombreux (712 personnes recensées en 2007!), mais possédant la plus ancienne histoire écrite de cette région. Leurs textes religieux se limitent au seul Pentateuque. Ils n'ont jamais reconnu le rabbinat de Jérusalem, ni aucun prophète.

Selon les informations recueillies sur Wikipédia, les Samaritains ne se considèrent pas comme des Juifs, "mais comme des descendants des anciens Israélites de l'antique royaume de Samarie". Quant aux Juifs orthodoxes, ils considèrent les rares Samaritains qui subsistent comme des descendants de populations étrangères (de colons Assyriens de l'Antiquité) ayant adopté une version illégitime de la religion hébraïque, et à ce titre ils refusent de les considérer comme Juifs, voire même comme des descendants des anciens Israélites.  Cependant l'État d'Israël les reconnaît comme citoyens juifs.

Jean Bisson – 03 01 2012

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 00:01

Le monde juif antique était fortement structuré. Chaque famille appartenait à un groupe défini. C'est donc par un survol de ces "castes"  que je vais poursuivre ma galerie de portraits, car chaque ensemble est très représentatif ! Aujourd'hui, occupons-nous des Sadducéens et des Lévites.


Parmi les Hébreux, peu nombreux mais riches, les Sadducéens (1) ont l'influence des notables. Cette puissance bourgeoise lui vient d'être constituée par les familles des prêtres du Temple de Jérusalem. Ces Sadducéens profitent d'une part de la dîme, cet impôt religieux prélevé obligatoirement sur tout citoyen juif . Leurs revenus s'arrondissent aussi par les échanges commerciaux et par la vente des bêtes destinées aux sacrifices rituels, activités lucratives qu'ils autorisaient volontiers dans l'enceinte même du Temple.


Ils respectent à la lettre les commandements de loi de Moïse et veillent étroitement à la sauvegarde de toutes les traditions religieuses. Ils combattent donc toute idée nouvelle, et notamment refusent d'envisager une possible résurrection des morts. C'est leur Conseil, appelé le Sanhédrin et présidé par le «Grand Prêtre», qui représente l'autorité divine, même au temps de la royauté.


A l'époque de l'occupation romaine, les Sadducéens collaborent volontiers d'une part avec le roi Hérode et avec le représentant de l'autorité impériale, représentée, à l'époque de Jésus, par Ponce Pilate. Et cette proximité d'intérêts déplait au petit peuple juif !


Leur conservatisme les conduit à s'opposer à Jésus et à ses disciples qu'ils vont considérer comme des perturbateurs. Ils seront de ceux pour qui la condamnation de Jésus s'impose pour le bien du Temple et donc du culte officiel au Dieu d’Abraham et de Moïse. Le groupe des sadducéens disparaîtra avec la seconde destruction du Temple dans les années 70 après J.C.


Les Lévites, issus par naissance de la tribu de Lévi (2), avaient vocation d'être des « serviteurs du Temple », des serviteurs de Dieu. Leur fonction est donc d'assister les Prêtres. Le « Lévitique » expose les fonctions auxquelles ils sont appelés : gardiens des portes du Temple, garants de son entretien et de fonctionnement, soucieux de la police du sanctuaire, chargés aussi des chœurs et des musiciens intervenant dans les prières telles que les Psaumes. Sans être dans le besoin, c'est une classe relativement modeste, mais fidèle aux lois de l’Éternel. 

 

Ces deux catégories sont la mémoire du peuple de l'Alliance, les garants d'une certaine stabilité. Ils sont les "conservateurs religieux" du dialogue difficile entre le Créateur et les créatures qui ont revendiqué  liberté et indépendance ! 

 

Jean Bisson – 27 12 2011


1- Leur nom est dérivé de «Sadoq». Sadoq, cité dans Samuel (2 S 8, 17) est le fils du prêtre Abimalek, et prêtre lui-même. Ils constituent donc l'origine de la tradition des prêtres du Temple. C'est ce que légitime d'ailleurs Ézéchiel ( in Ez 40, 46).

2- Lévi était l'un des 12 fils de Jacob et de Léa. Moîse appartenait au groupe des Lévites. Généralement, les 12 Tribus d'Israêl sont représentées sur le pectoral du Grand Prêtre par 12 pierres précieuses et la Tribu de Lévi est symbolisée par une émeraude verte située en troisième position (Lévi étant le 3ième fils de Jacob. Le symbolisme est toujours présent pour attester de la vraie tradition.

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 00:01

Avec Daniel, voici le dernier portrait de la série "Figures de l'Ancien Testament". Plusieurs brèves vont suivre pour présenter les "groupes sociaux" qui étaient représentatifs de la société juive, dans le passé et au temps de Jésus. J'avais annoncé, dès le début de ce parcours que je n'aborderais pas tous les personnages qui peuplent les livres bibliques. J'en ai présenté plus de soixante depuis un an. Si l'un de mes lecteurs se sentait frustré par une omission, ou simplement curieux, qu'il m'écrive et je m'efforcerai de combler ses besoins (1).

Daniel, dont le nom signifie "jugement de Dieu", a vécu au second siècle avant J.C. ; il était donc un prophète de l'exil qui, de Babylone, délivre un message d'espérance. Son livre comprend deux parties bien distinctes : la première (Chapitres 1 à 6) est un recueil d'histoires et anecdotes sur la vie difficile dans un pays païen. On y apprend comment le prophète condamné à être dévoré par des lions sortira indemne de l'épreuve. On y trouve aussi le célèbre épisode de Suzanne, chaste et vertueuse épouse condamnée à être lapidée, mais sauvée par le prophète qui confond les accusateurs (2).

La seconde partie de son livre est une apocalypse (Ch 7-à 12): quand le croyant traverse des difficultés, il faut le convaincre que ce mauvais passage n'est qu'un reflet du combat incessant entre Dieu et les puissances du mal; mais en expliquant le "dessous des cartes", le prophète soutient le courage du peuple qui sera récompensé, un jour, de sa fidélité (ou puni de son infidélité...).

Le croyant comprend que c'est toujours Dieu qui gagne, que ses fidèles, en récompense, seront accueillis dans sa "gloire éternelle". Et c'est là la grande originalité de Daniel. Il est le premier à introduire la promesse de la résurrection de tout homme; chaque créature, passant par la mort, sortira d'entre les morts ! Jusque là, il n'avait été question que de la résurrection des peuples ou tribus de l'Alliance. Désormais Dieu promet, par la plume de Daniel : "Vous êtes persécutés et vous acceptez la mort. C'est la face visible des choses. La face invisible, je vous la dévoile: vous qui acceptez de mourir, peuple des Saints du Très Haut, vous serez introduits dans sa gloire, pour une vie éternelle, dans un royaume merveilleux, et qui durera éternellement."

Pour cette dernière page, j'ai gardé Daniel. Car c'est bien sa vision qui annonce l'accomplissement à venir : la naissance de Jésus qui incarnera la volonté divine d'un "avant-la-mort" et d'un "après-la-mort". On peut concevoir que les premiers Chrétiens interprêteront cette prophétie de Daniel pour éclairer la résurrection du Crucifié, devenu le Ressuscité de Pâques.

Jean Bisson – 20 12 2011

1- Je dispose de sources rares, comme le "Dictionnaire de la Bible" du Père F. Vigouroux (en 40 volumes, édition de 1801) et je consulte aussi la "Vie des Saints " de  Mgr  P. Guérin (en 4 volumes, édition de 1894).

2- Suzanne est vite devenue le symbole de la nation israélienne, en perpétuelle diaspora, peuple accusé à tord, mais peuple qui, lorsqu'il reste fildèle à son Seigneur, obtient tous pardons et toutes bénédictions de Lui ! On comprend comment une telle lecture prise à la lettre, conduit à des comportements radicaux ceux qui  font en Israël, pour aujourd'hui et pour demain,  une lecture au premier degré !

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 00:01

Ce personnage, quoique peu connu, même des Catholiques pratiquants, est pourtant l'un des piliers de la foi. En effet, Melkisédeq est cité dans la prière eucharistique N°1, juste après la consécration et le chant de l'anamnèse ; souvenez-vous de ce que dit le célébrant (1).

Nous y décryptons ainsi que les modèles du prêtre sont Abel (2), Abraham et son frère Aaron, et Melkisédeq, car tous ont offert des sacrifices au Dieu-Créateur. N'oublions jamais que l'autel de nos églises reste symboliquement la table sacrificielle où l'on immole la victime parfaite qu'est Jésus.

Or, dans l'Ancien Testament, la fonction de prêtre-sacrificateur est bien une fonction supérieure à toute autre. En effet la Bible affirme qu'Abraham versait la dime à Melkisédeq (3), ce qui est donc bien la reconnaissance d'une hiérarchie ! Cette confirmation est soulignée dans le Psaume 110, 2-3 : « Ton peuple est volontaire, le jour où paraît ta force ; avec une sainte splendeur, du lieu où naît l'aurore, te vient une rosée de jouvence. Le Seigneur l'a juré, il ne s'en repentira pas : Tu es prêtre pour toujours, à la manière de Melkite. »

Tout baptisé dans le Christ-Jésus est la fois prêtre et roi... Comment l'oublier !

Jean Bisson – 13 12 2012

1- Extrait de la Prière Eucharistique N°1: « C'est pourquoi, nous aussi tes serviteurs, et ton peuple saint, avec nous, faisons mémoire de la Passion bienheureuse de ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur, de sa résurrection du séjour des morts et de sa glorieuse ascension dans le ciel, nous te présentons, Dieu de gloire, cette offrande prélevée sur les biens que tu nous donnes, le sacrifice pur et saint, le sacrifice parfait, pain de la vie éternelle et coupe du salut ! Et comme il t'a plu d'accueillir les présents d'Abel le Juste, le sacrifice de notre Père Abraham et celui que t'offrit Melkisédeq ton grand prêtre, en signe de sacrifice parfait, regarde cette offrande avec amour et, dans ta bienveillance, accepte-là. (…) »

2- Le sacrifice d'Abel l'éleveur plut au Seigneur... D'où le dépit de Caïn.

3- En Genèse 14, 18-19, voici ce qu'on lit : « C'est Melkisédeq, roi de Salem, qui fournit du pain et du vin Il était prêtre de Dieu, le Très-Haut, et il bénit Abram en disant : « Béni soit Abram, par le Dieu-Très-Haut qui a crée ciel et terre ! ».

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 00:00

Comment pourrait-on faire l'impasse sur la vie de ces héros qui, s'ils ne sont peut-être pas réellement historiques, sont du moins des icônes nous représentant la vie des croyants juifs du huitième siècle avant J.C. Tradition d'abord orale, le livre qui relate leurs vies de "Justes" n'a été écrit, sans doute en araméen, qu'au second siècles avant J. C.

Tobit, de la tribu de Nephtali, vivait donc en Samarie jusqu'à la conquête assyrienne. Déportée à Ninive, il y vit d'abord modestement, aidé par son épouse qui tisse et vend le fruit de son travail (1), et qui lui donne un fils que l'on nommera comme son père (2). Tobit se trouve dans le petit reste qui demeure fidèle à la loi de Moïse, payant la dîme et même les prémices (3). Il obtient un emploi à la cour du roi et peut alors aider les plus pauvres, nourrir les affamés et surtout procéder à l'inhumation des plus pauvres (4). Le roi, irrité par le zèle de Tobit, celui-ci se trouve obliger de fuir. Il perd sa situation et ses biens. Désespéré, Tobit, devenu aveugle, demande à Dieu de le laisser partir pour le séjour éternel (Tb 3, 1-6) et il conseille à son fils Tobie de partir vivre ailleurs, tout en passant chez les Mèdes où vivait un ami à qui il avait autrefois prêté une somme importante.

Tobie, le fils, quitte donc Ninive. Dans sa route, passant à Ecbatane (5), il y rencontre Sarra, une jeune juive désespérée qui, mariée 7 fois, a vu tous ses époux mourir avant d'avoir pu accomplir son devoir conjugal (Tb 3, 8). Anéantie, elle souhaite la mort pour mettre fin à son malheur. Mais, pensant à son père dont elle est la seule enfant, elle décide de prier. C'est par miracle, ou avec la complicité de son ange gardien Azarias (6), que Tobie la rencontre et l'épouse. Le beau-père creuse la tombe de son huitième gendre... Mais ce sera en vain ! Les noces dureront deux semaines. Le jeune couple, après avoir récupéré les 10 talents prêtés, rentrera à Ninive à la grande joie des vieux parents. Le vieux Tobit en retrouvera la vue et, tandis que l'ange Raphaël se fera reconnaître avant de disparaître. Toute la famille tombera en prière d'action de grâce (7).

Dieu bénit donc toujours ceux qui le servent !

Jean Bisson – 06 12 2011 

1- confère Tb 2, 11.

2- Dans les textes anciens on les a nommés Tobi-sénior et Tobi-junior. Mais dans la traduction latine on les as orthographiés Tobit pour le père et Tobie pour le Fils.

3- Cet impôt sur les récoltes était envoyé chaque année, par les juifs fidèles au Temple de Jérusalem. Il était convoyé par celui qui se rendait à Jérusalem pour une fête religieuse.

4- Paul Claudel a écrit qu'enterrer les morts était un devoir afin "d'honorer cette chose qui a été une fois un homme".

5- En Turquie orientale.

6- Sans doute l'Archange Raphaël qui restera avec Tobie jusqu'à son retour à Ninive.

7- Les églises orthodoxes grecques fêtent les Tobit et Tobie le 19 décembre avec tous les autres "justes " d'Israël. Pour l'Eglise romaine, Tobit est le saint patron des aveugles et des fossoyeurs.

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