29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 23:02

(suite des 15, 16, 22, 23 et 29 octobre)

Il faut s’attaquer aux causes  (des difficultés que rencontre le dialogue Islam-Occident)

Retrouver le lien entre politique et éthique et reconnaître partout le droit à la différence, sont  la base du vivre-ensemble. Il n’y a pas d’alternative à la sagesse, à la raison et au droit. Le dogmatisme de courants occidentaux en guerre contre tout signe spirituel musulman et l’intégrisme de croyants qui, faute de savoir éclairé, tombent dans le piège, nuisent à ceux qu’ils croient défendre.


La banalisation de la haine et la diabolisation d’autrui risquent de se généraliser si la pulsion de vie et le besoin de partage, qui amènent les hommes à s’unir, abdiquent face à la pulsion de mort et d’isolement.

Raison de plus pour ne pas s’abandonner à la lassitude, mais énoncer des formes de vie fondées sur la justice et la compréhension mutuelle et non point la peur chez les uns et la colère chez les autres.

Dans ce contexte de psychodrame, le ressentiment contre les musulmans de l’intérieur de l’Occident s’amplifie. Pourtant, l’immense majorité des citoyens occidentaux de confession musulmane est paisible, loyale, produit du lien social et se considère comme partie intégrante de la communauté nationale où elle vit. Elle tient, de plus en plus, un discours responsable sur ce qu’est être musulman aujourd’hui.

Nous refusons d’imaginer que le monde se dirige vers, d’un côté, un monde libéralo-fasciste, de l’autre, obscurantiste et totalitaire, où rien ne s’échange, rien d’humain ne circule, rien de sage ne se dit, sauf ce qui favorise des relations conflictuelles. Tous les Occidentaux ne occidental.

Condition première pour vaincre l’injustifiable extrémisme de tous bords et l’insécurité: il faut s’attaquer aux causes, c’est-à-dire l’injustice, l’ignorance et la paupérisation, pas seulement aux effets. Par la démocratisation des relations internationales, le dialogue des cultures et des religions, l’élargissement de notre sentiment d’appartenance à l’humanité toute entière l’emportera.
Les puissances occidentales, dans leur intérêt et pour être à la hauteur de leur responsabilité en tant qu’avant-garde du monde actuel, doivent réviser leur politique de la loi du plus fort, de l’hégémonie et de l’épouvantail en la figure déformée du musulman.

Si on travaille à régler les problèmes dus à l’injustice, comme en Palestine, si l’Occident se libère de sa vision étriquée de l’Islam, si l’école, au Nord comme au Sud, éduque à la reconnaissance de l’altérité, si les musulmans sortent des réactions aveugles, du syndrome de victimisation et s’ouvrent de manière vigilante au monde et, partant, si on dialogue vraiment pour pratiquer l’inter-connaissance qui contribue au vivre-ensemble, on réduira le cap qui existe entre les deux mondes imbriqués et on tarira grandement les sources de tous les délires fanatiques.

Un pacte de paix et de justice entre l’Occident et le monde musulman? Cela implique une révision sur le fond des politiques actuelles et non des mesures lénifiantes pour la forme. A cette condition, il restera un avenir.    

Mustapha CHÉRIF

Nous sommes au terme de cette réflexion d'un philosophe algérien, ouvert sur le dialogue. Sommes-nous capables d'entendre cette plaidoirie ? Avons-nous des remarques ? Car cet appel au dialogue ne devrait précisément pas rester simple monologue... Qu'avons-nous à répondre, à proposer ? Qu'auraient répondu nos amis moines de Tibberhine ?

Jean Bisson - 30 10 2010  (Je rentrerai après demain de Turquie où je suis depuis une bonne semaine)

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