19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 23:05

Dans l’interview accordée à l'émission de télévision "Là où Dieu pleure" du Catholic Radio and Television Network (CRTN) en coopération avec l'Aide à l'Eglise en détresse (AED), Mgr Rodrigo Mejía Saldarriaga, évêque en Ethiopie, évoque les difficultés de l'œcuménisme et les raisons qui l'ont conduit à faire de la défense des droits de la femme une priorité. Né à Medelin, après plus de trente ans en Afrique, il est de puis 14 ans Vicaire apostolique de Soddo en Ethiopie, Ce sont des extraits d’un document publié récemment par l’ « Eglise en détresse ».

Jean Bisson – 20 07 2010

(…) « Enseigner aux Ethiopiens cette vérité évangélique que les hommes et les femmes sont d'une égale dignité représente un défi à relever tout particulièrement dans ce pays. »

Q : Est-ce difficile d'être évêque d'une petite communauté ? (L'Ethiopie est un pays majoritairement orthodoxe et protestant, avec une présence catholique très réduite.)

Mgr Mejía Saldarriaga : Je dirais qu'il y a des avantages et des inconvénients. Le fait que la communauté ne soit pas très importante donne peu de soucis administratifs mais, d'un autre côté, pose aussi de grands défis sur le plan pastoral, surtout en ce qui concerne les relations avec les autres Eglises. (…)

Q : Vous vous êtes exprimé longuement en faveur des droits de la femme. Pourquoi est-ce nécessaire ? 

Mgr Mejía Saldarriaga : C'est nécessaire, car il s'agit d'un aspect de la culture africaine qui requiert une évangélisation. Dans son encyclique « Evangelii Nuntiandi », le pape Paul VI a souligné le fait que c'est la culture qui doit être évangélisée. C'est sur ce point, je pense, que la culture africaine a besoin d'entendre l'Evangile dire que les femmes ont exactement la même dignité que les hommes et que, par conséquent, on ne peut les traiter comme des citoyennes de seconde zone. 

Q : Que peut faire l'Eglise ? 

Mgr Mejía Saldarriaga : Je pense qu'une des méthodes les plus efficaces passe par l'éducation. Si les femmes sont instruites, elles sont davantage appréciées et pourront se comporter comme citoyennes de la société. 

Q : Pourquoi vous battez-vous, si je puis m'exprimer ainsi, pour les droits de la femme ? 

Mgr Mejía Saldarriaga : Eh bien parce que, surtout depuis mon arrivée dans ce vicariat en Ethiopie, je me rends compte qu'en comparaison avec les autres pays africains où j'ai vécu, le rôle des femmes est dévalorisé. J'ai eu de très belles expériences de travail pastoral au Congo et au Kenya, avec des femmes catéchistes, directrices de petites communautés chrétiennes, d'autres qui ont été mes collaboratrices. Et quand j'ai essayé de faire la même chose en Ethiopie, je me suis heurté au tout début à une forte résistance et à la surprise des hommes, à de mauvaises interprétations. Je me suis donc dit qu'il y avait là un défi à relever, qui nécessitait une évangélisation dans ce domaine. 

Propos recueillis par Marie-Pauline Meyer, pour l'émission télévisée « La où Dieu pleure », conduite par la Catholic Radio and Television Network (CRTN), en collaboration avec l'association Aide à l'Eglise en Détresse (AED).

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