14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 23:01

Prise en 2004 et devant être appliquée dès avril 2011, une directive européenne sur l'utilisation et la commercialisation des plantes médicinales risque de bouleverser nos habitudes. La nouvelle norme européenne vise d'abord à assurer aux consommateurs une sécurité d’utilisation puis à établir un cadre règlementaire aux plantes médicinales traditionnelles dont l’usage est avéré depuis au moins 30 ans dans la communautéeuropéenne (ou 15 ans dans un pays tiers - ce qui me semble bizarre). Jusque là, rien que de bonnes intentions ! Pourquoi de multiples protestations s'opposent-elles à cette directive européenne ?

Thierry Thévenin, président du syndicat SIMPLES (artisans herboristes), reconnaît que cette campagne «présente le mérite de soulever et de porter au débat public la question du développement inquiétant (voire terrifiant) de l’arsenal des normes, des experts, des homologations qui aboutit au verrouillage et au contrôle du secteur des plantes médicinales, des médecines complémentaires et de l’herboristerie, comme d’ailleurs celui de presque tous les autres secteurs de notre civilisation.»

Au lieu d'interdire la vente de produits à base de plantes dont la dangerosité et la toxicité ont été prouvées, ce qui serait évidemment souhaitable et parfaitement légitime, l'administration européenne a pris le parti d'interdire toutes les plantes qu'elle n'avait pas explicitement autorisées. Or sur des dizaines de milliers de plantes médicinales existant dans le monde entier, dont plus de 1500 en France métropolitaine, seules 34 ont été autorisées en France jusqu'au début des années 2000 ! Avec l'Union Européenne, le nombre de plantes autorisées a atteint 148, en dix ans. Mais à ce rythme, et avec les coûts et procédures que cela entraîne pour les petits fabricants, les citoyens européens seront désormais et encore pour longtemps privés des plantes qui pourraient les soigner.

J'ai un ami médecin (phytothérapeuthe) qui m'a raconté qu'après plusieurs séjours à Madagascar, île où l'on se soigne depuis toujours avec les plantes locales, il avait mis au point, pour une maladie spécifique locale, un protocole pour un traitement efficace par les plantes locales. Sa proposition a été bloquée car des conventions d'exclusivité avaient été officiellement passées avec des Laboratoires européens...

Il est difficile de tenir compte de tous les paramètres, mais on peut s'indigner que des traitements simples, naturels et efficaces soient écartés pour des raisons administratives, ou pour sauvegarder des intérêts privés...

Jean Bisson – 15 04 2011

Pour en connaître plus sur ce sujet, vous pouvez parcourir les sites suivants :

www.defensemedecinenaturelle.eu

http://savenaturalhealth.eu

http://ec.europa.eu/health/human-use/herbal-medicines/index_en.htm



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