27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 00:01

Le Mexique est entré en guerre contre les ventes de "ses objets précolombiens". Pour la deuxième fois en trois mois, la police française a saisi  mercredi 17 décembre, à la demande de l'office central de lutte contre le trafic des biens culturels, une série de pièces aztèques, juste avant leur mise en vente à l'Hôtel Drouot. Le catalogue de cette vente comportait un masque funéraire en pierre de culture Chontal (estimée entre 15 000 et 18 000 euros) et nombre d'objets de taille modeste : personnages, figurines, haches, vases et coupes.

 Les autorités mexicaines mettent en œuvre les moyens juridiques dont on dispose en France pour obtenir la restitution de ces objets pré-hispaniques, arguant qu'il est connu« que depuis 1827 déjà, la législation mexicaine interdit de façon absolue l'exportation de biens archéologiques sans autorisation préalable ».

Pour récupérer ces pièces, le Mexique doit prouver que leur acquisition était frauduleuse par rapport à la loi française. Mais la convention de l'Unesco sur la protection des biens culturels date de 1970, et la France l'a ratifiée en 1997 seulement. Si les pièces sont entrées en France avant cette date, leurs propriétaires étant alors de bonne foi, aucune illégalité ne sera retenue.

Pourquoi l'Unesco n'établirait-elle pas un protocole international dans ce domaine ? La sauvegarde du patrimoine mondial ne nécessiterait-il pas d'être placé au-dessus des lois nationales et du trafic privé ? Il me semble que seuls les musées ou fondations spécialisées devraient être autorisés à détenir et à vendre ou acheter des pièces patrimoniales. Que les musées échangent ensuite des œuvres, pour des expositions temporaires ou permanentes, c'est une question de politique culturelle. Chacun pourrait peut-être y trouver son compte et, ce qui est essentiel, les oeuvres d'art enfin respectées.

Aujourd'hui, hélas trop souvent, les marchés de l'art sont essentiellement spéculatifs et privés ! Le public est spolié. Je refuse de soutenir cette spoliation !

 J'évoquais, l'an dernier, début décembre 2009, les rapports étroits que l'Eglise a toujours entretenu avec les artistes de toutes les époques : en architecture, en peinture, en statuaire, en littérature, en musique, etc. Des trésors dont regorgent les Musées publics et privés du monde entier !

Mais

conserver le

patrimoine hérité du passé

 n’est pas suffisant, il faut continuer à intéresser les artistes d’aujourd’hui à exprimer avec les moyens contemporains et avec leur propre dons, non seulement les valeurs de la foi chrétienne, mais les valeurs universelles, avec la spécificité de chacune des cultures.

 

Jean Bisson 27 12 2010

 

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