3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 23:01

La France d’aujourd’hui est l’aboutissement d’une histoire. Sa population est composée de nombreux apports humains, fruits de cette histoire car notre patrie (terre de nos pères) s’est traditionnellement montrée accueillante à l’étranger. L’accueil de l’étranger, préconisé par les Evangiles, fait partie de la culture occidentale. C’est ainsi que, dans ma vie, j’ai vu s’ajouter aux Arméniens arrivés dès la première guerre mondiale des Espagnols en1937, des Italiens, des Polonais et des Russes en 1939. Avec l’abandon de l’Indochine et du Cambodge, des réfugiés sont arrivés de ces régions d’Asie. La colonie chinoise en France pour être très discrète n’en est pas moins nombreuse et bien présente dans le commerce. D’Afrique sont venus des manœuvres pour construire nos voies de circulation (auto-routes et voies ferrées) et manier le marteau-piqueur sur tous nos grands chantiers ! Combien d’emplois « au noir » sont confiés aux immigrés de nos ex-colonies de l’Afrique ? Chaque étranger n’a-t-il pas, par la sueur de son travail, contribué à donner à la France son actuel visage ?

Une certaine immigration venue d’Europe a été relativement facile à « digérer », la culture, malgré les nuances, restait judéo-chrétienne. L’assimilation de populations asiatiques et africaines a posé plus de problèmes : les cultures ayant moins de points communs. D’une manière générale, les Asiatiques ont été assez bien accueillis, leur discrétion étant un fort atout de bonne intégration. Plus délicat, personne de le contestera, a été l’accueil des Africains, surtout des Maghrébins à cause de leurs coutumes religieuses qui ont étonné les Européens, notamment les particularités dues à leur religion : lieux spécifiques de prières, mois de Ramadan, viande « halal », et jusqu’aux vêtements typique d’une « culture islamique ».

Mais ce ne sont pas les immigrés eux-mêmes qui ont posé problème, trop préoccupés à travailler pour nourrir leur famille, ce sont – quand ils se sont installés définitivement en France - leurs descendants, ceux de la première voire de la seconde génération. Ces jeunes, issus de l’immigration, sont Français, nés en France. Mais ils ont été, pour des raisons économiques, regroupés dans des banlieues urbaines. Livrés à eux-mêmes, dans une France où désormais tout s’achète et se vend, un certain nombre de jeunes, faute d’encadrement, faute de moyens d’insertions, faute souvent de moyens éducatifs sont devenus ce que Chevènement avait nommé des « sauvageons »…

Certes, l’immigration, s’est accélérée durant les dernières décades. On a donc découvert que la France ne pouvait accueillir toute la misère du monde… Mais pourquoi n’a-t-on pas analysé ce qui générait ces « sauvageons » alors que d’autres, de la même origine, entraient  dans de « Grandes Ecoles »…

Ce qui crée l’insécurité, ce qui motive la délinquance, c’est le désœuvrement, c’est l’abandon à la médiocrité, c’est le manque de toute perspective d’avenir des jeunes de nos banlieues…

Plutôt que de se battre sur l’âge de la retraite (alors qu’on est incapable de fournir un emploi aux innombrables pré-retraités qui sont au chômage…), plutôt que de chercher des bouc-émissaires sur la délinquances des jeunes des banlieues, plutôt que de construire des prisons (car la capacité carcérale est non seulement insuffisante, mais d’un niveau totalement dégradant pour les internés…), ne ferait-on pas mieux de renforcer les structures d’accueil, l’éducation, les maisons de jeunes dans les quartiers avec des animateurs compétents, une police de proximité, et combien d’autres possibilités d’éveil et d’accompagnement pour éviter que tant de jeunes ne basculent dans la drogue et la délinquance !

La sécurité ne passe pas d’abord par la répression. La sécurité se prépare en amont par une saine occupation des jeunes, par leur encadrement et leur éducation. C’est parce qu’on a mégoté hier sur l’éducation qu’on est contraint aujourd’hui de réprimer. Mais aucune répression n’éduque. Elle sanctionne à posteriori le manque d’éducation dont les jeunes ne sont pas autres choses que les victimes. La responsabilité du déficit d’éducation n’incombe-t-elle pas, d’abord, aux politiques qui rognent sur les investissements éducatifs alors qu’ils se sont toujours octroyé des augmentations ?

C’est de cette politique là dont les français ont raz le bol. Bénéfices scandaleux des Entreprises et des Banques, primes honteuses, salaires exorbitants de certains chefs d’entreprises, cumuls de fonctions de nombre d’élus, abus de privilèges, voilà les pratiques qu’il faut traquer.

La sécurité, n’est-elle pas un leurre agité pour masquer les vrais problèmes d’injustice sociale ? Quand on remplace des Préfets par des policiers ou par des militaires, c’est un indice qui me trouble profondément.

Jean Bisson – 04 09 2010

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